83 jours sans clope : dégâts collatéraux

sans clope

83 jours sans clope : dégâts collatéraux

Le bonheur est dans le pré ! 83 jours que je ne fume pas. Je rebande à faire pâlir Rocco, je mets sa mère à Usain sur 100m, je torche n’importe quel dégustateur de vin professionnel à un concours à l’aveugle de Château Neuf du Pape, j’ai récupéré 5j de vie et économisé 496 €…bref, je plane jusqu’au moment où la voix de Raphaël Scaini s’immisce dans mon sommeil.

D’habitude je l’apprécie mais là…je constate que j’ai à peine une demi-molle et encore c’est parce que je meurs d’envie de pisser, que j’ai récupéré 5j qui ne serviront à rien vu Poutine, écologie et crise énergético-financière et que les 496 € d’économisé ne prennent pas en compte la qualité médiocre de mes écrans décédés pour causes footballistiques (voir 80 jours sans fumer : la situation du 19/12 à 00h30).

Bon y a quand même du positif, aujourd’hui, je vais donner ma première journée de cours. Ça me refile la gnak. J’vais voir des gens (youpee, j’adore les gens) et de jeunes adultes (youpee, j’viens de me débarrasser des mes gosses) mais j’vais surtout quitter ma cuisine et arrêter de jouer à Top Chef pour combler le temps. Certes, cela déplaira à Myriam Thys qui devra truster ses doggy bags – lui remontant le moral lors des ses journées de 20h qu’elle preste depuis que j’ai arrêté de fumer – contre des plats d’hôpitaux mais cela plaira à ma balance (enfin à 1.25/10ème temps, ne nous emballons pas).

Je me douche et descends les escaliers. Essoufflé, je fais une pause et maudis à nouveau Raphael Scaini de m’avoir sorti de mon rêve où je torchais Usain et qui combiné à l’érection de taureau aurait donné des étincelles et poussé Myriam a passer au moins 8 minutes en plus à la maison par jour.

Je déguste mon jus d’orange qui a un goût mentholé. Bon, j’vais pas en remettre une couche sur l’animateur de Classic 21. Vu la faiblesse de mon palais (putain de covid, faut bien un coupable), je n’avais pas qu’à me laver les dents après (faut pas croire que qq’un qui arrête de fumer est de mauvaise foi hein).

8h : suis dans ma voiture
8h02 : 1er bouchon, j’ai déjà croisé 3 connards au volant
8h10 : j’ai sucé 10 Valda, mon substitut nicotinique en voiture pour être plus calme
8h11 : 7 connards, 4 enculés, 10 blondasses, 2 vieux schnocks croisés
8h14 : y a vraiment personne qui sait conduire dans ce pays ?
8h37 : j’arrive à La Louvière en vie, sans avoir fumé en bagnole malgré le danger constant et les bouchons kilométriques.
8h39 : suis au secrétariat
8h58 : après une tasse de café, un cookie, un pipi, un appel à maman, la secrétaire m’accueille gentiment. Je suis rempli de fierté intérieure, je ne l’ai pas giflée, ni même insultée.
9h30 : le cours commence. 50% est là à l’heure. Le reste arrive plic-ploc. Je reste assez zen.
9h31 : n’ayant toujours pas perdu mon sens de l’humour depuis que j’ai arrêté de fumer, j’ajoute un minga ti à chaque fin de phrase afin de faire honneur à la cité des loups.
9h45 : comme il y a aussi des carolos, j’ajoute de temps en temps un mes couilles ti ou da selon la rime afin d’éviter toute discrimination.
9h58 : les élèves en retard reviennent de l’infirmerie de l’ouate hémostatique dans le nez.
10h30 : on me fait remarquer qu’il y a une récréation. Comme un élève sent le vieux cendrier froid, j’annule la récréation car fumer tuer. Que cet élève soit déjà bien content d’être toujours en vie vu son odeur pestilentiel.
11h12 : comme ces grands gamins ont toujours une récréation à la Haute Ecole, j’file deux pages de « Je ne peux pas bavarder en classe. » à deux pies qui confondent classe et salon de coiffure et annonce que le prochain qui moufte ira au coin.
11h17 : Tout compte fait le prochain qui moufte, je lui coupe les cordes vocales. Manifestement, ils me prennent enfin au sérieux.
11h45 : Ils ont tous un ordinateur portable sous le nez. Curieux, j’viens me placer derrière eux. Bingo, un des élèves oublie de changer d’écran et de quitter Youtube.
11h46 : Vous savez quoi ? Un PC ne sait pas nager mais un Mac ça ne sait pas voler !
12h45 : fin du cours dans la joie et la bonne humeur malgré le homeworking que je leur file pour la semaine prochaine.
12h50 : je vais au secrétariat où une des mes collègues travaille. N’allez pas croire que je critique pour critiquer car cette collègue est juste top.
12h58 : une des secrétaires souligne que l’on remarque aisément qu’il ne faut pas m’emmerder. Je ne comprends pas trop pourquoi moi qui suis assez calme. Elle me demande ensuite si je ne peux pas intervenir sur les élèves qui portent un training en cours. Désolé princesse mais agir sur le training à La Louvière, c’est un peu comme vouloir proscrire le kilt en Ecosse ou la burka en Afghanistan.
13h45 : début du second cours.
15h45 : rien à signaler le cours s’est bien déroulé. Mehdi, le directeur, m’envoie un texto et me demande de passer à son bureau.
15h48 : Mehdi m’indique qu’on ne peut pas scalper un élève et encore moins au cutter rouillé sous prétexte qu’il pianote sur son téléphone.
15h49 : je proteste avec véhémence. La lame du cutter était neuve. L’élève s’excuse d’avoir menti quand je lui explique que la prochaine fois je le coulerai sous une dalle de béton.
15h55 : suis dans ma voiture
15h56 : bouchon
15h57 : allez vous faire foutre, j’en ai marre de vous divertir. En plus j’ai bouffé toutes les Valda.
16h32 : je gare ma voiture dans l’allée de garage.
16h33 : j’ai Monique-Bob Choquet-Hutse en ligne. Elle me signale qu’on entend que je suis fatigué et que prof c’est un vrai métier. J’éclate de rire. Elle n’apprécie guère. En même temps, elle était prof de gym donc faut pas abuser (pardon maman, c’est une fiction. Je t’aime très fort. Merci pour les moussakas maison). Ma mère étant peu susceptible d’ordinaire, j’évite d’appeler Sophie Choquet Bangisa qui me dira ostensiblement la même chose alors qu’elle passe sa journée à faire des découpages et chanter Frère Jacques (elle est en 5ème et vu le décret Excel… – impossible de l’écrire en entier – elle se conforme à son programme).
16h35 : j’ai enfilé mes savates et terminé bonsoir. Suis crevé mort mais heureusement ma semaine est faite et je n’ai toujours pas fumé.

Je vous expliquerai plus tard mes démarches avec la Capac vu que j’ai maintenant un 1.25/10ème temps.

PS à mes collègues : j’ai juste un humour spécial et ceci est une fiction. Cécile, mille mercis pour le super accueil.